Aller au contenu
AtlasMammifères

Auteur

Auguste

Étudiant en Master de biodiversité au Muséum national d'Histoire naturelle

J'ai 24 ans et je termine un Master en biodiversité au Muséum national d'Histoire naturelle, à Paris. Quand je dis que j'étudie les mammifères sauvages, on m'imagine en explorateur. La réalité tient plus souvent du tri de données pendant trois jours derrière un écran — et je ne changerais de voie pour rien au monde.

Un parcours qui a bifurqué

J'ai commencé une Licence à Grenoble avec l'idée de devenir vétérinaire. J'ai compris assez vite que la clinique ne me correspondait pas : j'avais besoin de grands espaces. Le passage à l'écologie a été la meilleure décision de ma vie, même s'il a fallu rattraper un sérieux retard en biostatistiques — c'était mon point faible, et c'est devenu l'outil dont je me sers tous les jours.

Le terrain

Mon stage au Svalbard sur le renard polaire reste mon meilleur souvenir. Il faisait −15 °C et j'ai passé des heures à attendre dans le vent sans rien voir. Puis un jour une femelle s'est approchée à quelques mètres, curieuse, et le froid a disparu.

Je travaille aujourd'hui sur la cartographie des déplacements de loups dans les Alpes. Les colliers GPS sont capricieux, les analyses fastidieuses. Mais voir apparaître sur une carte, après des semaines de calculs, la preuve qu'une meute a trouvé un couloir forestier pour s'étendre en sécurité — ça vaut les semaines de calcul.

Comment j'écris les fiches d'espèces

Une fiche ne recommande rien et ne vend rien. Elle décrit une morphologie, une aire de répartition, un régime, un comportement, un statut de conservation, et elle cite ses sources : liste rouge de l'UICN, publications de terrain, bases de données de référence.

Je n'ai pas observé la plupart des espèces décrites ici, et je ne fais pas semblant du contraire. Ce que ma formation m'apporte, c'est de savoir lire un article scientifique, juger de la solidité d'un échantillon et repérer une donnée recopiée de site en site depuis vingt ans sans que personne ne remonte à la source.

D'où une règle que je m'impose : quand une donnée est incertaine ou débattue, je le dis plutôt que de trancher. Une fourchette de poids établie sur douze individus capturés n'a pas la même valeur qu'une moyenne tirée d'un millier. Les atlas en ligne présentent presque toujours les deux avec le même aplomb.

Les illustrations générées par intelligence artificielle sont signalées en bas de chaque fiche. Elles représentent un milieu ou un détail décrit dans le texte, mais ne documentent aucun individu réel et ne doivent jamais servir à identifier une espèce. Le détail de la méthode.

Ses fiches

Me corriger

Une donnée fausse, une répartition dépassée, un statut UICN révisé depuis la rédaction : écrivez. La correction est faite et la fiche redatée. Les observations de terrain de gens qui vivent près des espèces décrites m'intéressent particulièrement — elles rattrapent ce que la littérature ne dit pas.