Lama
Lama glama

Le lama (Lama glama) est un grand camélidé domestique originaire des Andes d’Amérique du Sud. Appartenant à la famille des Camelidae, il constitue, avec l’alpaga, l’une des deux formes domestiques de camélidés sud-américains, les deux autres membres du groupe — le guanaco et la vigogne — demeurant sauvages. Son trait le plus distinctif est sa haute silhouette dressée sur de longues pattes, surmontée d’une encolure élancée et d’une tête portant deux oreilles allongées et incurvées, décrites classiquement comme en forme de banane.
Le nom vernaculaire « lama blanc » parfois employé est trompeur : l’espèce ne se limite pas à une robe blanche. Sa toison présente au contraire une grande variété de couleurs et de motifs, du blanc uni au noir en passant par diverses teintes de brun, de fauve et de gris, souvent panachées. Le lama descend du guanaco (Lama guanicoe), dont il a été domestiqué il y a plusieurs millénaires ; il ne s’agit donc pas d’une espèce sauvage, mais d’une forme d’élevage.
Morphologie
Le lama est le plus grand des camélidés sud-américains. Au garrot, il mesure fréquemment entre 100 et 120 cm, mais la hauteur totale, tête comprise, atteint souvent 170 à 180 cm. Le poids adulte se situe généralement entre 100 et 200 kg selon les races et l’état corporel. La silhouette est marquée par une encolure longue et portée haut, des membres fins et une croupe légèrement inclinée. Contrairement aux dromadaires et chameaux, le lama ne possède pas de bosse.
La toison est de longueur moyenne, plus grossière que celle de l’alpaga, avec un jarre superficiel recouvrant un sous-poil plus fin. La coloration est très variable : robes unies ou tachetées, blanches, brunes, noires, fauves ou grises. La tête est relativement fine, les oreilles longues et recourbées vers l’intérieur, caractère commode pour distinguer l’espèce de l’alpaga aux oreilles courtes et droites. Le dimorphisme sexuel est modéré : les mâles sont en moyenne un peu plus lourds et développent des canines pointues, dites canines de combat, utilisées lors des affrontements.
Répartition et habitat
Le lama est présent essentiellement dans les régions andines d’Amérique du Sud, avec les cheptels les plus importants au Pérou, en Bolivie, ainsi qu’en Argentine, au Chili et en Équateur. Sa répartition suit historiquement l’aire d’influence des cultures andines. À partir du XXe siècle, il a été introduit dans de nombreux pays hors de son berceau d’origine, notamment en Amérique du Nord, en Europe et en Océanie, pour l’élevage d’agrément, la production de fibre ou la garde de troupeaux.
Son milieu de prédilection reste les prairies d’altitude, en particulier la puna, cette steppe froide des hauts plateaux andins. Le lama est adapté aux altitudes élevées, où il pâture couramment entre 2 500 et 4 000 m, parfois au-delà. Sa physiologie, avec des globules rouges de forme particulière, favorise le transport de l’oxygène en air raréfié. Il fréquente aussi les vallées de montagne et les steppes semi-arides, et supporte de fortes amplitudes thermiques.
Comportement et régime alimentaire
Le lama est un herbivore ruminant au sens fonctionnel : bien que les camélidés ne soient pas des ruminants au sens strict, ils possèdent un estomac à plusieurs compartiments qui permet une fermentation efficace des végétaux. Le régime est composé de graminées, d’herbes diverses et de plantes des milieux d’altitude ; l’animal broute et sélectionne, avec une capacité à valoriser des fourrages pauvres. Il boit peu, une adaptation aux milieux secs.
L’activité est essentiellement diurne. Le lama est un animal social qui vit naturellement en groupes structurés autour d’une hiérarchie. Chez les formes sauvages apparentées, un mâle dominant contrôle un harem de femelles et de jeunes ; en élevage, les regroupements dépendent de la conduite du troupeau. La communication passe par des postures, des mouvements d’oreilles et de queue, des vocalisations et, en cas de tension, par le crachat, qui consiste à projeter salive ou contenu stomacal, généralement vers un congénère. Le lama est réputé pour un tempérament globalement calme lorsqu’il est habitué à l’humain.
Reproduction
La reproduction n’est pas strictement saisonnière, mais concentrée aux périodes favorables. La femelle présente une ovulation induite, déclenchée par l’accouplement. La gestation dure environ 350 jours, soit approximativement onze mois et demi, avec des valeurs rapportées de 330 à 360 jours selon les sources. Elle donne naissance à un seul petit, appelé cria ; les jumeaux sont exceptionnels.
Le nouveau-né est précoce : il se tient debout et tète peu après la naissance. Le sevrage intervient vers quatre à six mois. La maturité sexuelle est atteinte vers un à deux ans, plus tardivement chez le mâle qui n’est employé à la reproduction qu’une fois pleinement développé. La longévité se situe couramment entre 15 et 25 ans en élevage.
Statut de conservation
En tant qu’animal domestique, le lama n’est pas évalué par la Liste rouge de l’UICN et porte le statut NE (non évalué). Ses effectifs mondiaux sont importants et ne suscitent pas d’inquiétude à l’échelle de l’espèce ; l’essentiel du cheptel se concentre dans les Andes centrales.
- Concurrence économique avec l’élevage ovin et bovin introduit, ayant historiquement réduit certains cheptels andins.
- Érosion de la diversité génétique et croisements incontrôlés, notamment avec l’alpaga.
- Pressions locales sur les pratiques pastorales traditionnelles et sur les races régionales.
Il convient de distinguer ce statut du cas du guanaco (Lama guanicoe), espèce sauvage ancêtre du lama, qui fait l’objet d’un suivi de conservation distinct avec des situations contrastées selon les pays.
Ne pas confondre
Alpaga (Vicugna pacos) : nettement plus petit, avec de courtes oreilles droites et une toison fine et abondante, sans les longues oreilles incurvées du lama.
Guanaco (Lama guanicoe) : forme sauvage à coloration constante, brun-fauve dessus et blanchâtre dessous, avec la face gris sombre, alors que le lama domestique présente des robes très variées.
Vigogne (Vicugna vicugna) : plus fine et plus petite, sauvage, à la toison fauve clair très soyeuse et à la stature élancée, très éloignée du gabarit massif du lama.
Un compagnon des civilisations andines
Le lama a joué un rôle central dans les sociétés précolombiennes, en particulier dans l’empire inca, comme animal de bât capable de transporter des charges sur les sentiers de montagne, ainsi que pour sa laine, sa viande et son fumier utilisé comme combustible et engrais. Cette relation ancienne fait du lama l’un des rares grands mammifères domestiqués du continent américain avant l’arrivée des Européens.
Questions fréquentes
Le lama crache-t-il vraiment ?
Quelle est la différence entre un lama et un alpaga ?
Le lama est-il un animal sauvage ?
Le lama est-il menacé d'extinction ?
Sources
- Lama glama, Mammal Species of the WorldSmithsonian Institutionconsulté le 22 juillet 2026
- Domesticated animals of South America (South American camelids)FAOconsulté le 22 juillet 2026
- Fiche Lama glama, Animal Diversity WebUniversity of Michigan Museum of Zoologyconsulté le 22 juillet 2026
