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Mammifères · Mammifères marins

Phoque veau-marin

Phoca vitulina

Phoque veau-marin adulte au pelage gris tacheté de sombre, reposant sur un banc de sable, tête relevée et narines en forme de V.

Le phoque veau-marin (Phoca vitulina) est un pinnipède de la famille des Phocidés, largement réparti sur les côtes tempérées et froides de l’hémisphère nord. C’est l’un des phoques les plus fréquents des rivages d’Europe de l’Ouest et d’Amérique du Nord. Son trait le plus distinctif est sa tête ronde au museau court, comparée à celle d’un chien ou d’un chat, avec de grands yeux sombres et des narines rapprochées formant un V lorsqu’elles sont fermées.

Le nom « phoque commun », souvent employé, entretient une ambiguïté : plusieurs espèces se partagent les mêmes eaux, et le veau-marin n’est pas toujours le plus abondant localement. Le nom vernaculaire de référence est « phoque veau-marin », l’épithète latine vitulina renvoyant précisément au veau. Cette espèce appartient aux phocidés, ou « vrais phoques », dépourvus d’oreille externe visible et incapables de ramener leurs membres postérieurs sous le corps pour marcher, contrairement aux otaries.

Morphologie

Le pelage est gris, beige ou brunâtre, densément parsemé de taches et de mouchetures sombres dont la disposition est propre à chaque individu, à la manière d’une empreinte. La face ventrale est généralement plus claire. La couleur de fond varie selon les populations et l’état du pelage, plus foncée lorsqu’elle est mouillée.

L’adulte mesure de 120 à 190 centimètres du museau à l’extrémité des nageoires postérieures. Le poids s’échelonne d’environ 45 à 130 kilogrammes, les valeurs les plus élevées concernant les mâles des grandes populations. Le dimorphisme sexuel est modéré : les mâles sont un peu plus grands et plus massifs que les femelles, mais la différence reste discrète comparée à celle d’autres pinnipèdes.

Les caractères diagnostiques les plus fiables sont la tête arrondie, le museau court et concave, et les narines en forme de V. Le corps est fusiforme, les nageoires antérieures courtes et griffues.

Répartition et habitat

Le phoque veau-marin occupe une aire circumpolaire boréale et tempérée. Il est présent sur les deux façades de l’Atlantique Nord et du Pacifique Nord, depuis les côtes de la France et des îles Britanniques jusqu’à la Scandinavie et l’Arctique, ainsi que du Groenland à la côte est nord-américaine, et du Japon à la Californie sur le versant pacifique.

Plusieurs sous-espèces sont généralement reconnues, réparties entre l’Atlantique, le Pacifique et une population particulière isolée en eau douce ou saumâtre. Leur nombre exact reste discuté par les taxonomistes.

L’espèce fréquente les eaux côtières peu profondes : estuaires, baies abritées, vasières intertidales, bancs de sable et côtes rocheuses. Elle a besoin de reposoirs, zones émergées à marée basse ou substrats stables, où elle se hisse pour se reposer, muer et mettre bas. Elle reste rarement loin des côtes et ne réalise pas de longues migrations comparables à celles d’autres pinnipèdes. En France, les principales installations se trouvent en baie de Somme, dans la baie des Veys et le long de la Manche.

Milieu de vie typique de l'espèce Phoca vitulina
Estuaire intertidal du nord de l'Europe à marée basse : les bancs de sable découverts servent de reposoirs à l'espèce.

Comportement et régime alimentaire

Le phoque veau-marin alterne des phases en mer, consacrées à l’alimentation, et des périodes de repos à terre. Le rythme d’émersion suit largement le cycle des marées, les animaux occupant les bancs découverts à marée basse. C’est une espèce peu grégaire au sens strict : les individus se rassemblent sur les reposoirs sans former de structures sociales élaborées, et tolèrent la proximité de leurs congénères sans coopération marquée.

Le régime est piscivore et opportuniste, ajusté aux proies localement disponibles. Il comprend des poissons de fond et pélagiques, ainsi que des céphalopodes et des crustacés selon les saisons et les sites. La composition varie fortement d’une région à l’autre, ce qui rend délicate l’énoncé de proportions générales. Les plongées de recherche alimentaire sont généralement courtes et peu profondes, en accord avec l’utilisation des eaux côtières.

Reproduction

Les naissances ont lieu au printemps ou au début de l’été selon les latitudes. La gestation totale approche onze mois, mais elle inclut une phase d’implantation différée (diapause embryonnaire) de deux à trois mois : le développement actif de l’embryon ne dure qu’environ neuf mois. La femelle met bas un seul petit.

Le nouveau-né est une particularité de l’espèce : contrairement à de nombreux phoques qui naissent avec un pelage laineux blanc (lanugo), le jeune phoque veau-marin perd ce duvet avant ou juste après la naissance et arbore d’emblée un pelage tacheté proche de celui de l’adulte. Il est ainsi capable de nager très tôt, ce qui lui permet de suivre sa mère dès les premiers jours dans les zones soumises aux marées. L’allaitement est court, de l’ordre de quatre à six semaines, avec une croissance rapide grâce à un lait très riche en graisses.

La maturité sexuelle est atteinte vers trois à six ans. La longévité s’établit couramment entre 25 et 35 ans, les femelles vivant généralement plus longtemps que les mâles ; les valeurs de terrain sont souvent inférieures aux records observés.

Statut de conservation

À l’échelle mondiale, le phoque veau-marin est classé en préoccupation mineure (LC) par l’UICN : l’espèce est largement répartie et ses effectifs globaux ne sont pas jugés menacés. Cette catégorie globale masque toutefois des situations locales contrastées, certaines populations étant en déclin ou vulnérables aux épidémies.

  • Épidémies virales, notamment le virus de la maladie de Carré des phoques (PDV), à l’origine de mortalités massives dans l’Atlantique Nord-Est.
  • Dérangement sur les reposoirs par les activités humaines, entraînant la fuite des animaux et l’abandon de jeunes.
  • Prises accidentelles dans les engins de pêche.
  • Contamination par les polluants côtiers et pollution sonore sous-marine.
  • Conflits locaux avec la pêche et réduction des ressources en poissons.

En France, l’espèce est protégée et ses effectifs, longtemps très réduits, font l’objet d’un suivi régulier.

Ne pas confondre

Le phoque gris (Halichoerus grypus) partage les mêmes côtes. Il est plus grand et se distingue surtout par sa tête allongée en « museau de cheval » et ses narines parallèles, là où le veau-marin a une tête ronde et des narines en V.

Le phoque annelé (Pusa hispida), plus septentrional, porte des taches sombres cerclées de clair sur un fond gris et reste de plus petite taille ; il est étroitement associé aux glaces de mer, milieu que le veau-marin ne fréquente pas.

Les otaries (famille des Otariidés) sont parfois confondues avec les phoques par le public. Elles possèdent une petite oreille externe visible et peuvent redresser leur corps sur leurs quatre membres à terre, ce dont le phoque veau-marin est incapable.

Une empreinte individuelle

Le patron de mouchetures du pelage étant propre à chaque individu, les chercheurs utilisent la photo-identification pour suivre les animaux sans les capturer. Cette méthode permet d’estimer les effectifs, de reconstituer les déplacements et d’évaluer la fidélité des individus à leurs reposoirs d’une année sur l’autre.

Questions fréquentes

Le phoque veau-marin est-il dangereux pour l'homme ?
Il n'attaque pas l'homme et fuit généralement à l'approche. C'est un animal sauvage capable de mordre s'il se sent acculé, notamment sur les reposoirs. Les recommandations officielles demandent de rester à distance, en particulier des jeunes laissés seuls sur les plages, que les mères viennent allaiter.
Où peut-on observer des phoques veaux-marins en France ?
Les principales colonies françaises se trouvent en baie de Somme, dans la baie des Veys (Normandie) et le long des côtes de la Manche et de la mer du Nord. On les observe surtout à marée basse, lorsqu'ils se reposent sur les bancs de sable découverts.
Comment distinguer le phoque veau-marin du phoque gris ?
Le phoque veau-marin a une tête ronde au museau court, avec des narines rapprochées en forme de V. Le phoque gris (Halichoerus grypus) est plus grand, avec une tête allongée en « museau de cheval » et des narines parallèles. Les deux espèces cohabitent sur les mêmes côtes.
Le phoque veau-marin est-il une espèce menacée ?
À l'échelle mondiale, l'espèce est classée en préoccupation mineure (LC) par l'UICN. Certaines populations locales sont toutefois fragiles ou soumises à des épidémies. En France, l'espèce est protégée et fait l'objet d'un suivi régulier de ses effectifs.

Sources

  1. Phoca vitulina (Harbour Seal) — The IUCN Red List of Threatened SpeciesUICNconsulté le 22 juillet 2026
  2. Harbor Seal — Marine Mammal SpeciesNOAA Fisheriesconsulté le 22 juillet 2026
  3. Le phoque veau-marin, suivi des populations sur les côtes françaisesOffice français de la biodiversitéconsulté le 22 juillet 2026
  4. Mammal Species of the WorldSmithsonian Institutionconsulté le 22 juillet 2026