Chat de Biet
Felis bieti

Le Chat de Biet (Felis bieti) est un petit félidé confiné au pourtour oriental du plateau tibétain, dans le centre de la Chine. C’est le seul félidé endémique de Chine, ce qui en fait un cas particulier au sein du genre Felis. Sa robe uniforme de teinte sable et ses oreilles pointues terminées de courtes touffes le distinguent dans les prairies d’altitude qu’il fréquente.
Son nom vernaculaire prête à confusion. En français il est parfois appelé « Chat de Biet », d’après le missionnaire Félix Biet, mais l’usage anglophone « Chinese mountain cat » a donné « Chat des montagnes de Chine », plus répandu. Le nom « Chat du désert de Chine », autrefois employé, est trompeur : l’espèce n’habite pas les déserts mais des milieux ouverts de montagne relativement humides et froids.
Morphologie
Le Chat de Biet est un félidé de taille moyenne pour le genre Felis, à la silhouette trapue. La longueur tête-corps se situe approximativement entre 60 et 85 cm, à laquelle s’ajoute une queue relativement courte, épaisse, marquée de plusieurs anneaux sombres et terminée de noir. Le poids rapporté varie d’environ 4 à 9 kg, sur un petit nombre de spécimens. Le pelage est dense, adapté au froid, de teinte gris-jaunâtre à sable, plus clair sur le ventre. Les flancs portent des rayures transversales peu contrastées, souvent discrètes. Les oreilles, pointues, sont surmontées de touffes de poils courtes. Le dimorphisme sexuel est faible et mal quantifié. Les pattes sont relativement courtes et robustes.
Répartition et habitat
L’aire de répartition est restreinte au centre de la Chine, principalement dans les provinces du Sichuan, du Qinghai et du Gansu, sur les marges orientales du plateau tibétain. Aucune sous-espèce n’est actuellement reconnue de manière consensuelle. L’espèce occupe des prairies alpines, des steppes d’altitude, des zones arbustives de montagne et des lisières de forêts de conifères, à des altitudes élevées, généralement entre 2 500 et 5 000 m selon les observations. Contrairement à ce que suggéraient d’anciennes appellations, il évite les milieux désertiques stricts.
Comportement et régime alimentaire
Le Chat de Biet est solitaire et principalement nocturne et crépusculaire. Il chasse au sol des proies de petite taille. Les rongeurs, notamment les campagnols, les zokors et les pikas, constituent l’essentiel de son régime documenté ; il capture aussi des oiseaux. Les proportions exactes du régime restent mal établies, faute d’études quantitatives suffisantes. Il creuse ou occupe des terriers, qui lui servent d’abri diurne et de site de mise bas. La structure sociale, comme chez la plupart des petits félidés, repose sur des domaines vitaux individuels ; les données précises sur leur taille et leur chevauchement sont rares.
Reproduction
La reproduction est peu documentée en milieu naturel. La mise bas surviendrait au printemps, entre mai et juillet selon les observations disponibles. La taille de portée rapportée est de deux à quatre petits. La durée de gestation n’est pas connue avec certitude pour l’espèce et n’est donc pas indiquée ici. Les jeunes naissent dans un terrier et sont dépendants de la mère durant leurs premiers mois. L’âge de la maturité sexuelle et la longévité, en nature comme en captivité, ne sont pas établis de manière fiable.
Statut de conservation
Le Chat de Biet est classé « Vulnérable » (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, catégorie qui signale un risque élevé d’extinction à moyen terme. Cette évaluation tient à une aire restreinte, à une population estimée faible et fragmentée, et à un déclin présumé. L’espèce est difficile à étudier, et les données démographiques restent lacunaires, ce qui accroît l’incertitude sur son état réel.
Les pressions identifiées sont :
- Les campagnes d’empoisonnement des rongeurs (pikas et campagnols) sur le plateau tibétain, qui réduisent ses proies et peuvent provoquer des intoxications secondaires ;
- La dégradation et la conversion des prairies d’altitude ;
- L’hybridation possible avec le chat domestique (Felis catus) là où les deux se rencontrent ;
- Le piégeage et la persécution locale.
À l’échelle globale, l’espèce est classée Vulnérable ; localement, les situations varient selon l’intensité des campagnes de dératisation et la présence de chats domestiques.
Ne pas confondre
Chat sauvage (Felis silvestris) : morphologiquement proche et parfois considéré comme conspécifique, mais le Chat sauvage présente des rayures plus marquées et une queue à anneaux mieux définis ; le Chat de Biet a une robe plus uniforme et sable.
Chat domestique (Felis catus) : plus gracile, à pelage très variable et souvent tigré ou tacheté ; le Chat de Biet est plus massif, uniforme, avec des touffes auriculaires courtes et une queue à extrémité noire nette.
Chat de Pallas (Otocolobus manul) : partage certains milieux d’altitude d’Asie centrale, mais s’en distingue par ses oreilles basses et écartées, sa face aplatie et son pelage très long et hirsute, absents chez le Chat de Biet.
Une espèce longtemps insaisissable
Le Chat de Biet n’a pratiquement pas été observé vivant dans la nature pendant des décennies après sa description à la fin du XIXe siècle. Les premières photographies de terrain fiables n’ont été obtenues qu’au début du XXIe siècle, à l’aide de pièges photographiques. Des analyses génétiques ont par ailleurs montré que les chats domestiques du plateau tibétain descendent des lignées de chat sauvage du Proche-Orient, et non du Chat de Biet, tout en révélant une hybridation locale entre les deux, ce qui alimente le débat sur le statut taxonomique de l’espèce.
Questions fréquentes
Le chat de Biet vit-il dans le désert ?
Qu'est-ce qui le rend particulier ?
Le chat de Biet est-il menacé ?
Est-il facile à observer dans la nature ?
Sources
- Felis bieti, The IUCN Red List of Threatened SpeciesUICNconsulté le 21 juillet 2026
- Handbook of the Mammals of the World, Vol. 1: CarnivoresLynx Edicionsconsulté le 21 juillet 2026
- The genetic status of the Chinese mountain catétudes phylogénétiques publiées (Science Advances)consulté le 21 juillet 2026
