Girafe
Giraffa camelopardalis

La girafe (Giraffa camelopardalis) est un ongulé de la famille des Giraffidae, seule famille à laquelle appartiennent aussi les okapis. C’est le plus haut animal terrestre vivant : un mâle adulte peut dresser sa tête à plus de cinq mètres du sol. Cette taille, obtenue par l’allongement du cou et des membres, définit à elle seule la silhouette de l’espèce et lui donne accès à un étage de végétation inaccessible à la plupart des autres herbivores.
Le nom scientifique associe camelopardalis, contraction latine de « chameau » et de « léopard », qui traduit l’ancienne perception d’un animal tenant du premier par le port et du second par la robe tachetée. Une idée reçue tenace veut que le long cou de la girafe compte davantage de vertèbres cervicales que celui des autres mammifères : il n’en est rien. La girafe possède sept vertèbres cervicales, comme presque tous les mammifères, chacune simplement très allongée.
Morphologie
La robe se compose de plaques brun-roux à brunes séparées par un réseau de lignes claires, dont le dessin varie selon les sous-espèces : nettement polygonal et bien délimité chez la girafe réticulée, plus découpé et irrégulier chez d’autres formes. Ce motif est propre à chaque individu, comparable à une empreinte.
La hauteur totale atteint environ 4,5 à 5,5 m chez les mâles, un peu moins chez les femelles. Le poids varie fortement, d’environ 550 kg pour une petite femelle à plus de 1 500 kg, exceptionnellement 1 900 kg, pour un grand mâle. Le dimorphisme sexuel est marqué : les mâles sont plus lourds, plus grands, et leur tête s’épaissit avec l’âge par dépôt osseux. Les deux sexes portent des ossicônes, protubérances osseuses recouvertes de peau et de poil ; ceux des mâles sont souvent dégarnis au sommet à force de combats.
La langue, préhensile, mesure de 40 à 50 cm et présente une pigmentation sombre. Le système circulatoire est adapté à la hauteur : un cœur puissant et des mécanismes de régulation de la pression sanguine évitent les malaises lorsque l’animal relève brusquement la tête après avoir bu.
Répartition et habitat
La girafe est endémique de l’Afrique subsaharienne. Son aire, autrefois continue, est aujourd’hui morcelée en populations dispersées de l’Afrique de l’Ouest et centrale jusqu’à l’Afrique de l’Est et australe. L’UICN reconnaît neuf sous-espèces réparties sur ce vaste territoire, dont les statuts locaux sont très contrastés.
Les milieux fréquentés sont les savanes arborées et arbustives, les bois clairs et les zones semi-arides riches en acacias et en autres légumineuses ligneuses. La girafe évite les forêts fermées comme les déserts stricts. Elle occupe des altitudes basses à moyennes et se maintient dans des paysages ouverts où la végétation ligneuse offre à la fois nourriture et repères visuels sur de longues distances.
Comportement et régime alimentaire
La girafe est active principalement le jour, avec des pics d’alimentation le matin et en fin d’après-midi. Herbivore brouteur, elle consomme surtout des feuilles, bourgeons et jeunes pousses d’arbres et d’arbustes, les acacias tenant une place importante dans de nombreuses régions. Sa langue et ses lèvres mobiles lui permettent de prélever le feuillage entre les épines. Un adulte ingère plusieurs dizaines de kilogrammes de végétaux par jour et rumine comme les autres artiodactyles.
L’organisation sociale est souple. Les girafes forment des groupes ouverts, aux effectifs et à la composition changeants, sans hiérarchie territoriale rigide. Des associations plus durables existent notamment entre femelles et jeunes. Les mâles s’affrontent par une forme de combat appelée « nécking », où ils balancent leur cou et frappent l’adversaire de la tête ; ces joutes établissent un ordre de dominance influençant l’accès aux femelles.
Reproduction
La reproduction n’est pas strictement saisonnière et peut survenir toute l’année. La gestation est longue, d’environ 15 mois (autour de 450 à 460 jours). La femelle met bas debout un seul petit, exceptionnellement deux ; le nouveau-né tombe donc d’une hauteur de près de deux mètres et se dresse dans l’heure qui suit.
Le jeune mesure environ 1,8 m à la naissance. Il est parfois regroupé avec d’autres petits dans des « crèches » surveillées à tour de rôle. Le sevrage intervient au bout de plusieurs mois à un peu plus d’un an. La maturité sexuelle est atteinte vers quatre à cinq ans, plus tôt chez les femelles. La longévité à l’état sauvage se situe couramment autour de 20 à 26 ans, les valeurs les plus élevées provenant surtout d’individus captifs.
Statut de conservation
L’UICN classe globalement la girafe comme Vulnérable (VU), catégorie qui traduit un risque élevé d’extinction à moyen terme si les tendances se maintiennent. La population totale a nettement décliné en quelques décennies. Ce statut global masque des situations locales très différentes : certaines sous-espèces sont en danger critique et réduites à quelques centaines d’individus, tandis que d’autres populations, notamment en Afrique australe, sont stables ou en augmentation grâce à des mesures de protection.
- Perte et fragmentation de l’habitat sous l’effet de l’expansion agricole et de l’élevage.
- Braconnage pour la viande, la peau et parfois la queue.
- Troubles civils et instabilité dans plusieurs zones d’Afrique centrale et de l’Ouest, qui compliquent la protection.
- Sécheresses et pressions liées au changement climatique sur les milieux semi-arides.
Ne pas confondre
À l’échelle mondiale, la girafe est difficile à confondre en raison de sa taille et de sa silhouette. Les distinctions utiles concernent surtout ses proches parents et les formes internes à l’espèce.
- Okapi (Okapia johnstonia) : seul autre Giraffidae actuel. Il a un cou nettement plus court, une robe brun sombre et des rayures blanches horizontales sur l’arrière-train et les membres ; il vit en forêt dense et non en savane.
- Girafe réticulée (sous-espèce G. c. reticulata) : robe à grandes plaques régulières bordées de lignes blanches fines et nettes, contrastant avec les taches plus découpées et aux bords flous d’autres sous-espèces.
- Girafe de Rothschild (sous-espèce G. c. rothschildi) : taches larges aux bords moins nets, et absence de marques sous les jarrets, donnant une impression de « bas blancs ».
Un cou qui ne s’explique pas seulement par la nourriture
L’hypothèse classique attribue l’allongement du cou à l’accès à un feuillage élevé, hors d’atteinte des concurrents. Une hypothèse complémentaire, fondée sur l’observation des combats de mâles, met en avant la sélection sexuelle : un cou long et une tête lourde constituent des atouts décisifs lors du « nécking ». Les deux mécanismes ne s’excluent pas et illustrent la difficulté d’attribuer un trait morphologique à une cause unique.
Questions fréquentes
La girafe est-elle dangereuse pour l'homme ?
Combien d'espèces de girafes existe-t-il ?
Comment la girafe dort-elle avec un si long cou ?
La girafe est-elle menacée ?
Où peut-on voir des girafes dans la nature ?
Sources
- Giraffa camelopardalis (assessment)UICN, Liste rouge des espèces menacéesconsulté le 22 juillet 2026
- Giraffa camelopardalisAnimal Diversity Web, University of Michiganconsulté le 22 juillet 2026
- State of Giraffe ConservationGiraffe Conservation Foundationconsulté le 22 juillet 2026
