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Mammifères · Herbivores

Éléphant de savane d'Afrique

Loxodonta africana

Éléphant de savane d'Afrique adulte de profil, grandes oreilles triangulaires, longues défenses et trompe, peau grise dans la savane sèche.

L’éléphant de savane d’Afrique (Loxodonta africana) est le plus grand mammifère terrestre vivant. Il occupe une grande partie de l’Afrique subsaharienne, dans les milieux ouverts et semi-ouverts, des prairies aux savanes arborées. Son trait le plus immédiatement distinctif est sa taille : un grand mâle dépasse trois mètres au garrot et peut peser plusieurs tonnes. La trompe, appendice musculaire dérivé du nez et de la lèvre supérieure, sert à la fois d’organe de préhension, olfactif et social.

Le nom « éléphant de savane » recouvre une réalité longtemps confondue. Jusqu’au début des années 2000, tous les éléphants d’Afrique étaient regroupés sous Loxodonta africana. Les analyses génétiques ont conduit à reconnaître deux espèces : l’éléphant de savane, traité ici, et l’éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis), plus petit et cantonné aux forêts d’Afrique centrale et occidentale. Le terme « éléphant de savane » seul peut donc induire en erreur : la précision « d’Afrique » évite la confusion avec l’éléphant d’Asie, qui appartient à un autre genre.

Morphologie

La peau, épaisse et fortement plissée, est grise, mais paraît souvent teintée de brun ou d’ocre selon la couleur de la boue et de la poussière dont l’animal se couvre. La hauteur au garrot atteint couramment 3 à 3,3 mètres chez les mâles, davantage chez les plus grands individus, contre environ 2,2 à 2,6 mètres chez les femelles. Le poids s’échelonne d’environ 2 700 kg pour une femelle à plus de 6 000 kg pour un grand mâle, valeurs extrêmes qui reposent sur peu de spécimens.

Le dimorphisme sexuel est marqué : les mâles sont nettement plus lourds et portent en général des défenses plus longues et plus épaisses. Les deux sexes possèdent des défenses, incisives supérieures à croissance continue. Les oreilles, très grandes et de contour triangulaire, jouent un rôle majeur dans la thermorégulation : leur battement dissipe la chaleur par le réseau de vaisseaux sanguins superficiels. Le bout de la trompe porte deux appendices préhensiles opposés, caractère qui distingue les éléphants africains de l’éléphant d’Asie, qui n’en a qu’un.

Répartition et habitat

L’éléphant de savane est présent dans une grande partie de l’Afrique subsaharienne, avec des noyaux importants en Afrique australe (Botswana, Zimbabwe, Namibie, Afrique du Sud, Zambie), en Afrique de l’Est (Kenya, Tanzanie) et des populations plus fragmentées ailleurs. Son aire, autrefois quasi continue, est aujourd’hui morcelée en populations séparées par les activités humaines.

L’espèce fréquente les savanes arborées et arbustives, les prairies, les forêts claires de type miombo, les marais et les zones semi-désertiques. On la rencontre du niveau de la mer jusqu’à des altitudes élevées en montagne. La disponibilité en eau structure fortement ses déplacements : les hardes parcourent de longues distances entre les points d’eau et les zones de nourrissage, en particulier en saison sèche.

Milieu de vie typique de l'espèce Loxodonta africana
Savane arborée d'Afrique de l'Est en saison sèche, prairies parsemées d'acacias et point d'eau où évoluent les hardes d'éléphants.

Comportement et régime alimentaire

L’éléphant de savane est herbivore. Son régime combine graminées, feuilles, écorces, racines, fruits et branches, dans des proportions qui varient selon la saison : herbes lors des pluies, ligneux (feuillage, écorce) en saison sèche. Un adulte consomme de grandes quantités de végétaux chaque jour et boit régulièrement. Son activité s’étale sur une large part du nycthémère, avec des phases d’alimentation, de déplacement et de repos.

La structure sociale repose sur des groupes familiaux matriarcaux : femelles apparentées et leurs jeunes, menés par la femelle la plus âgée. Les mâles quittent le groupe natal à l’adolescence et vivent seuls ou en groupes lâches de mâles, rejoignant les femelles lors des périodes de reproduction. Les mâles adultes connaissent des phases de musth, état physiologique associé à une hausse de testostérone et à un comportement plus agressif. La communication passe par des signaux visuels, tactiles, chimiques et sonores, dont des infrasons audibles à grande distance.

Reproduction

La reproduction n’est pas strictement saisonnière, mais les naissances peuvent se concentrer selon les régions et l’abondance de nourriture. La gestation, l’une des plus longues chez les mammifères, dure environ 22 mois. La femelle donne généralement naissance à un seul petit ; les jumeaux sont rares. Le nouveau-né pèse autour d’une centaine de kilogrammes.

Le jeune est allaité pendant plusieurs années et reste dépendant longtemps, la maturation étant lente. Les femelles atteignent la maturité sexuelle vers une dizaine d’années, mais l’intervalle entre deux naissances est long, souvent de plusieurs années. La longévité en milieu naturel est de l’ordre de 60 à 70 ans, l’usure des dernières molaires limitant en fin de vie la capacité à s’alimenter.

Statut de conservation

L’éléphant de savane d’Afrique est classé « En danger » (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, catégorie qui traduit un risque élevé d’extinction à l’état sauvage. Ce classement, adopté après la séparation formelle des deux espèces africaines, reflète des déclins importants au cours des dernières décennies dans plusieurs régions.

Les principales pressions identifiées sont :

  • le braconnage pour l’ivoire, moteur historique des déclins les plus sévères ;
  • la perte et la fragmentation de l’habitat, liées à l’expansion agricole et aux infrastructures ;
  • les conflits hommes-éléphants autour des cultures et des villages ;
  • le changement climatique, qui affecte la disponibilité en eau et en fourrage.

Le statut global masque des situations locales contrastées. Certaines populations d’Afrique australe, protégées et bien gérées, sont stables ou en augmentation, au point de poser localement des questions de densité. À l’inverse, des populations d’Afrique de l’Est et centrale ont fortement décliné sous l’effet du braconnage. L’espèce est inscrite aux annexes de la CITES, qui encadre le commerce de l’ivoire.

Ne pas confondre

Éléphant de forêt d’Afrique (Loxodonta cyclotis) : espèce distincte, plus petite, aux oreilles plus arrondies et aux défenses plus droites orientées vers le bas ; il vit dans les forêts d’Afrique centrale et occidentale, et non dans les milieux ouverts.

Éléphant d’Asie (Elephas maximus) : oreilles nettement plus petites, dos bombé plutôt que creux ou horizontal, un seul appendice au bout de la trompe, et défenses souvent absentes chez les femelles. Il appartient à un autre genre et vit en Asie.

Un ingénieur d’écosystème

L’éléphant de savane modifie durablement les milieux qu’il traverse. En abattant des arbres, en écorçant, en creusant pour atteindre l’eau et en dispersant les graines contenues dans ses fèces, il entretient des mosaïques de savane et ouvre le couvert végétal. Ces effets font de l’espèce une espèce dite « ingénieure de l’écosystème », dont la présence ou la disparition modifie la structure des habitats et la répartition d’autres espèces.

Questions fréquentes

L'éléphant de savane est-il dangereux pour l'homme ?
Il peut l'être. Les femelles protégeant leurs petits, les mâles en musth et les individus surpris ou blessés peuvent charger et causer des accidents mortels. Les conflits hommes-éléphants font des victimes chaque année en Afrique, notamment autour des cultures. En dehors de ces contextes, l'espèce évite généralement l'homme.
Quelle est la différence entre l'éléphant de savane et l'éléphant de forêt ?
Ce sont deux espèces distinctes depuis leur séparation officielle. L'éléphant de savane (Loxodonta africana) est plus grand, avec de grandes oreilles et des défenses recourbées vers l'extérieur. L'éléphant de forêt (Loxodonta cyclotis) est plus petit, aux oreilles plus arrondies et aux défenses plus droites et pointant vers le bas.
Comment distinguer un éléphant d'Afrique d'un éléphant d'Asie ?
L'éléphant d'Afrique possède de très grandes oreilles couvrant l'épaule et un bout de trompe à deux « doigts ». L'éléphant d'Asie (Elephas maximus) a des oreilles nettement plus petites, un dos bombé et un seul appendice au bout de la trompe. Chez l'espèce africaine, les deux sexes portent le plus souvent des défenses.
L'éléphant de savane est-il menacé ?
Oui. L'espèce est classée « En danger » (EN) par l'UICN. Le braconnage pour l'ivoire et la perte d'habitat en sont les principales causes. Les situations sont contrastées : certaines populations d'Afrique australe sont stables ou croissantes, tandis que d'autres, en Afrique centrale et de l'Est, ont fortement décliné.

Sources

  1. Loxodonta africana (African Savanna Elephant)UICN Liste rougeconsulté le 22 juillet 2026
  2. Loxodonta africanaAnimal Diversity Web, University of Michiganconsulté le 22 juillet 2026
  3. African elephant status reportIUCN SSC African Elephant Specialist Groupconsulté le 22 juillet 2026
  4. Convention sur le commerce international des espèces menacées (CITES)CITESconsulté le 22 juillet 2026