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AtlasMammifères

Auteur

Antoine D.

Ancien ASV au service NAC du CHV Advetia, responsable de refuge

J'ai 42 ans et quinze ans dans les pattes des nouveaux animaux de compagnie. J'ai d'abord été auxiliaire spécialisé vétérinaire au service NAC du centre hospitalier vétérinaire Advetia, où j'ai vu passer des centaines de lapins. Aujourd'hui, je fais tourner un petit refuge associatif : une cinquantaine de lapins réhabilités à ce jour.

Pourquoi j'ai quitté la clinique

Parce que je voyais arriver les mêmes cas, encore et encore, et qu'ils étaient presque tous évitables. Un lapin nourri aux graines de supermarché pendant trois ans, dont les dents ont poussé si loin dans le crâne qu'il faut une chirurgie maxillo-faciale. Un lapin qui ne bouge plus parce qu'il vit depuis toujours dans une cage d'un mètre.

À un moment, soigner ne suffit plus : il faut expliquer en amont. C'est tout le sens de ces guides.

Ce que je défends

Que le lapin n'est pas un rongeur. C'est un lagomorphe, un herbivore strict dont toute la digestion repose sur la fibre. Le traiter comme un hamster, avec un mélange de graines et une petite cage, c'est le tuer à petit feu — lentement, sans que personne ne comprenne pourquoi.

Que le foin est l'essentiel, pas l'accessoire. Il représente 80 % de ce qu'un lapin doit manger. Il use ses dents, qui poussent toute sa vie, et il entretient un transit qui ne supporte pas l'arrêt.

Que la cage d'animalerie n'est pas un logement. Un lapin a besoin de courir, de sauter, de se dresser. L'enclos ouvert, la semi-liberté ou la liberté totale ne sont pas du luxe militant : c'est ce qui évite la pododermatite, l'obésité et les os fragiles.

Chez moi

Il y a Pistache, un bélier nain que j'ai récupéré abandonné dans un carton. Il lui manque la moitié d'une oreille, souvenir d'une bagarre d'avant son sauvetage. Il vit en liberté totale dans le salon, dans un enclos qui ne se ferme jamais, et sa grande passion dans la vie est de dormir en crêpe sous le meuble télé.

Comment j'écris ces guides

Je ne juge personne. La plupart des gens qui font des erreurs avec leur lapin les font de bonne foi, en suivant ce qu'on leur a vendu en animalerie — j'en ai fait moi-même, avant ma formation. Mon premier lapin a failli mourir de déshydratation parce que j'avais installé un biberon à bille dont le mécanisme s'était bloqué.

Chaque guide part de ce que j'ai vu en consultation ou au refuge. Les termes médicaux y sont, parce qu'ils sont utiles pour parler à son vétérinaire — mais toujours expliqués.

Ce que vous ne trouverez pas ici

  • Des posologies. Un médicament pour lapin se prescrit après examen, par un vétérinaire — de préférence un praticien habitué aux NAC, ce qui n'est pas le cas de tous.
  • Des diagnostics à distance. Un lapin qui ne mange plus depuis douze heures est une urgence. Aucun article, y compris les miens, ne remplace une consultation.
  • Des recommandations de complaisance. Quand un produit très vendu est mauvais pour l'animal, on le dit.

Les guides que j'ai écrits