Maki catta
Lemur catta

Le maki catta (Lemur catta) est un primate lémurien de la famille des Lemuridae, endémique du sud et du sud-ouest de Madagascar. Il est le seul représentant du genre Lemur et se distingue immédiatement des autres lémuriens par sa longue queue annelée de noir et de blanc, et par un mode de vie plus terrestre que celui de ses proches parents. C’est l’espèce de lémurien la plus connue du grand public, notamment en raison de sa présence fréquente dans les parcs zoologiques et de sa popularité dans la culture populaire.
Le nom vernaculaire employé ici, « lémur à queue annelée », est une traduction directe de l’anglais ring-tailed lemur. En français, l’usage courant privilégie « maki catta » ou « lémur catta », l’épithète catta renvoyant à l’aspect félin supposé de l’animal par les premiers naturalistes. Le terme « maki » désigne quant à lui, dans un sens ancien et large, divers lémuriens, ce qui peut prêter à confusion.
Morphologie
Le maki catta mesure environ 39 à 46 cm de longueur tête-corps, auxquels s’ajoute une queue plus longue que le corps, atteignant couramment 56 à 63 cm. Le poids adulte se situe autour de 2,2 kg, sans dimorphisme sexuel marqué : mâles et femelles ont des tailles et des masses très proches, ce qui est inhabituel chez les primates.
Le pelage dorsal est gris à gris-brun, plus clair sur les flancs et blanc sur le ventre. La face est blanche, avec un museau noir et des yeux cerclés de noir formant un masque contrasté caractéristique. La queue, longue et touffue, porte une succession d’anneaux noirs et blancs, en général une douzaine à une quinzaine d’anneaux sombres terminés par une extrémité noire. Les mains et les pieds sont adaptés à une locomotion à la fois arboricole et terrestre. Comme tous les lémuriens, il possède un « peigne dentaire » formé par les incisives et canines inférieures projetées vers l’avant, utilisé pour le toilettage.
Répartition et habitat
L’espèce est strictement endémique de Madagascar, où elle occupe une aire relativement vaste dans le sud et le sud-ouest de l’île. Elle fréquente une gamme de milieux plus large que la plupart des lémuriens : forêts galeries le long des cours d’eau, forêts sèches caducifoliées, fourrés épineux subarides dominés par les Didiereaceae (Alluaudia) et les euphorbes, ainsi que des zones rocheuses. Elle a été signalée depuis le niveau de la mer jusqu’à des altitudes de plusieurs centaines de mètres, et localement plus haut sur certains massifs. Cette plasticité écologique lui permet de survivre dans des habitats relativement dégradés, mais elle dépend étroitement de la présence de forêts galeries en saison sèche pour l’eau et la nourriture.
Comportement et régime alimentaire
Le maki catta est diurne et passe une part notable de son temps au sol, contrairement à la majorité des lémuriens strictement arboricoles. Il vit en groupes sociaux pouvant compter de quelques individus à une trentaine, structurés autour de femelles apparentées. La dominance des femelles sur les mâles est une caractéristique marquante de l’organisation sociale : elles ont priorité d’accès à la nourriture et aux sites de repos.
Le régime est essentiellement végétarien et opportuniste, dominé par les fruits, complété par des feuilles, des fleurs, de l’écorce, de la sève et, occasionnellement, de petits invertébrés. Le tamarin (Tamarindus indica) constitue une ressource majeure dans plusieurs populations, en particulier durant la saison sèche. Les proportions de fruits et de feuilles varient fortement selon les sites et les saisons, ce qui rend toute moyenne peu généralisable.
La communication repose largement sur l’odorat. Les mâles disposent de glandes odorantes sur les avant-bras et frottent leur queue contre celles-ci avant de l’agiter vers un rival lors de confrontations dites « combats puants ». Le marquage olfactif et les vocalisations variées assurent la cohésion du groupe et la défense du territoire. On observe fréquemment des postures de bain de soleil, l’animal assis face au soleil, membres écartés, pour se réchauffer le matin.
Reproduction
La reproduction est saisonnière et fortement synchronisée. Les accouplements ont généralement lieu au milieu de l’année, la mise bas intervenant après une gestation d’environ 130 à 144 jours, souvent citée autour de 135 jours. Les naissances se concentrent au début de la saison des pluies, période de plus grande disponibilité alimentaire.
La femelle donne le plus souvent naissance à un seul petit, parfois des jumeaux. Le jeune s’agrippe d’abord au ventre de sa mère, puis passe sur son dos. La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de deux à trois ans. La longévité est notable pour un animal de cette taille : elle peut dépasser 20 ans en captivité, avec des records approchant 27 ans, tandis qu’elle est nettement plus courte en milieu naturel.
Statut de conservation
Le maki catta est classé « En danger » (EN) sur la Liste rouge de l’UICN, ce qui signifie qu’il fait face à un risque élevé d’extinction à l’état sauvage. Les estimations de populations sauvages ont été fortement revues à la baisse au cours des dernières décennies, et l’espèce a connu un déclin marqué sur une grande partie de son aire.
Les principales pressions identifiées sont :
- la destruction et la fragmentation de l’habitat par la déforestation, l’agriculture sur brûlis et la production de charbon de bois ;
- les feux et le surpâturage par le bétail, qui dégradent les forêts sèches ;
- la chasse pour la viande dans certaines régions ;
- la capture d’animaux vivants pour le commerce local d’animaux de compagnie et le tourisme.
Le statut global masque des situations locales contrastées : l’espèce reste relativement visible et abondante dans quelques aires protégées bien gérées, alors qu’elle a localement disparu ou fortement régressé dans des secteurs non protégés.
Ne pas confondre
- Maki brun ou lémur brun commun (Eulemur fulvus) : de taille comparable mais dépourvu de queue annelée, à pelage plus uniformément brun et à mode de vie plus arboricole.
- Maki mongoz (Eulemur mongoz) : également sans anneaux caudaux nets, avec un dimorphisme de coloration entre mâles et femelles absent chez le maki catta.
- Propithèque ou sifaka (Propithecus spp.) : plus grand, à pelage souvent blanc et à locomotion en sauts verticaux, sans la queue rayée caractéristique du maki catta.
Un symbole de la biodiversité malgache
Le maki catta est devenu l’une des figures emblématiques de la faune de Madagascar et un symbole des enjeux de conservation de l’île. Sa visibilité, liée à son mode de vie diurne et partiellement terrestre, en fait une espèce fréquemment étudiée pour comprendre l’organisation sociale des lémuriens, notamment la dominance des femelles, rare chez les primates. Cette même visibilité l’expose toutefois à une pression de capture et de tourisme mal encadré.
Questions fréquentes
Le maki catta est-il dangereux pour l'homme ?
Où vit le maki catta à l'état sauvage ?
Pourquoi sa queue est-elle rayée ?
Le maki catta est-il menacé ?
Sources
- Lemur catta (Ring-tailed Lemur)IUCN Red Listconsulté le 22 juillet 2026
- Lemur cattaAnimal Diversity Web, University of Michiganconsulté le 22 juillet 2026
- All the World's PrimatesPrimate Specialist Groupconsulté le 22 juillet 2026
- Lemurs of Madagascar (field guide)Conservation Internationalconsulté le 22 juillet 2026
