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AtlasMammifères

Auteure

Camille B.

Éthologue spécialiste des petits rongeurs, présidente d'une association de sauvetage

J'ai 34 ans et je suis éthologue — autrement dit, j'étudie le comportement animal. J'ai passé un master à l'université de Rennes, avec un mémoire consacré à l'impact de l'enrichissement de l'habitat sur le stress des rongeurs en captivité. Aujourd'hui je préside une association de sauvetage, ce qui veut dire que je récupère surtout des animaux dont on ne veut plus.

Pourquoi j'écris sur les hamsters

Parce que c'est l'animal le plus mal logé de France, et que presque personne ne le sait. On l'achète quinze euros pour un enfant, avec une cage en plastique à tuyaux colorés qui fait quarante centimètres de long. L'animal passe ensuite deux ans à ronger ses barreaux, et tout le monde trouve ça mignon.

Ce n'est pas mignon. C'est une stéréotypie — un comportement répétitif sans but, marqueur d'un stress chronique. Et c'est mesurable : c'est précisément ce que j'ai passé un an à compter.

Ce que je défends

Qu'un hamster a besoin de place, et que ce n'est pas une opinion. Les associations vétérinaires allemandes retiennent un minimum de 100 × 50 cm de surface au sol. Ce n'est pas une loi, c'est un repère éthologique : en dessous, l'animal ne peut physiquement pas exprimer son répertoire de comportements. Les travaux publiés sur la taille des cages vont dans le même sens.

Qu'un hamster est un fouisseur avant tout. Il lui faut une couche de litière assez profonde pour creuser de vraies galeries — vingt centimètres au strict minimum. Une cage à barreaux ne le permet pas, et c'est la raison principale pour laquelle je recommande les cuves en verre et les caisses aménagées.

Que la boule d'exercice et la ouate de nidification doivent disparaître des rayons. La première prive l'animal de tous ses repères sensoriels et le fait courir de panique ; la seconde s'enroule autour des pattes et s'accumule dans le tube digestif. Ce sont deux produits vendus partout, et deux causes de souffrance évitables.

Et qu'on adopte plutôt qu'on achète. Les refuges NAC français débordent de hamsters cédés au bout de trois mois.

Chez moi

Il y a Gnocchi, un hamster doré récupéré via une petite annonce — « vend hamster car le petit ne s'en occupe plus », avec la photo d'une cage fluo de quarante centimètres. Il vit maintenant dans une cuve de 120 × 50 cm, sous trente centimètres de litière, avec un réseau de galeries qu'il a creusé lui-même.

Il a passé ses trois premiers jours chez moi pétrifié sous un pont en bois, terrifié par l'espace. Puis l'instinct a repris le dessus. Aujourd'hui, on ne le voit presque plus le jour : il a enfin une vraie vie de fouisseur.

Une précision sur les photos

Les images qui illustrent ces guides sont générées par intelligence artificielle. Elles cherchent à représenter au plus près les installations et les gestes décrits, mais ce ne sont pas des photographies de mes animaux.

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