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Mammifères · Carnivores

Chat de Geoffroy

Leopardus geoffroyi

Petit chat sauvage au pelage fauve grisâtre couvert de petites taches noires arrondies, oreilles courtes, longue queue annelée.

Le chat de Geoffroy (Leopardus geoffroyi) est un petit félin sud-américain appartenant au genre Leopardus, qui regroupe les félins tachetés du Nouveau Monde. Endémique du Cône sud du continent, il occupe une large gamme de milieux ouverts et semi-ouverts, depuis les savanes arbustives du Chaco jusqu’aux fourrés froids de Patagonie. Sa robe fauve à grisâtre couverte de petites taches noires pleines constitue son trait le plus caractéristique.

Son nom commémore le naturaliste français Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, et non un caractère morphologique : il ne s’agit donc pas d’un « chat léopard » au sens du félin asiatique Prionailurus bengalensis, avec lequel il n’a aucun lien de proximité. Le chat de Geoffroy appartient à une lignée strictement américaine, séparée des félins de l’Ancien Monde depuis plusieurs millions d’années.

Morphologie

Le chat de Geoffroy est un félin de petite taille, comparable à un chat domestique un peu trapu. La longueur du corps et de la tête varie approximativement de 42 à 66 cm, à laquelle s’ajoute une queue longue, souvent de l’ordre de 25 à 35 cm, annelée de sombre. Le poids se situe généralement entre 2 et 5 kg, les mâles étant plus lourds que les femelles ; ce dimorphisme sexuel est modéré mais réel.

La robe est fauve à grisâtre selon les régions, les populations méridionales et de plus haute altitude tendant vers des teintes plus grises. Elle est couverte de nombreuses petites taches noires arrondies et pleines, réparties de manière assez régulière, sans former de rosettes. La tête porte des lignes sombres, et la face interne des membres ainsi que le ventre sont plus clairs. Des individus mélaniques (à robe noire) sont régulièrement observés, en particulier dans certaines populations.

Les oreilles sont courtes et arrondies, marquées à l’arrière d’une tache blanche caractéristique des félins. La silhouette générale est compacte, avec des membres relativement courts.

Répartition et habitat

L’espèce est endémique du sud de l’Amérique du Sud. Son aire couvre l’Argentine, le Chili, la Bolivie, le Paraguay, l’Uruguay et l’extrême sud du Brésil. Elle s’étend ainsi des basses terres du Gran Chaco jusqu’aux steppes froides de Patagonie, ce qui en fait l’un des félins néotropicaux les plus méridionaux.

Le chat de Geoffroy fréquente préférentiellement les milieux ouverts et arbustifs : savanes épineuses, matorral, steppes, pampas, fourrés et lisières de forêts sèches. Il est également présent le long des zones humides et des cours d’eau, où la végétation dense offre un couvert. On le rencontre du niveau de la mer jusqu’à des altitudes élevées dans les Andes, plusieurs milliers de mètres selon les régions.

Plusieurs sous-espèces ont été décrites, souvent quatre à cinq, distinguées par la taille et la coloration. Leur validité fait toutefois débat, certaines analyses génétiques récentes tendant à en réduire le nombre.

Milieu de vie typique de l'espèce Leopardus geoffroyi
Savane arbustive épineuse du Chaco argentin au crépuscule, milieu ouvert typique fréquenté par le chat de Geoffroy.

Comportement et régime alimentaire

Le chat de Geoffroy est principalement nocturne et crépusculaire, mais une activité diurne est observée dans certaines conditions. C’est un animal solitaire et territorial, qui marque son domaine et occupe des surfaces variables selon la densité des proies et la région.

Il est bon grimpeur et parfois signalé dans l’eau, où il chasse. Son régime est strictement carnivore. Il se compose surtout de petits mammifères, notamment des rongeurs, complétés par des oiseaux, des reptiles, des amphibiens, des poissons et des invertébrés. La composition varie fortement d’une région à l’autre en fonction des ressources disponibles ; c’est un prédateur généraliste et opportuniste à cette échelle.

Reproduction

La reproduction est saisonnière, avec des mises bas concentrées à la belle saison dans les régions tempérées. La gestation dure environ 72 à 78 jours, soit une valeur voisine de 75 jours selon les sources. La portée compte le plus souvent un à trois petits, parfois davantage.

Les jeunes naissent dans un abri protégé (végétation dense, terrier, cavité). Ils ouvrent les yeux au cours des premières semaines et deviennent progressivement indépendants au fil des mois. La maturité sexuelle est atteinte vers la fin de la première ou de la deuxième année. La longévité rapportée, de l’ordre de dix à quatorze ans, provient surtout d’animaux en captivité ; la durée de vie dans la nature est probablement plus courte et reste mal documentée.

Statut de conservation

Le chat de Geoffroy est classé en Préoccupation mineure (LC) par l’UICN. Cette catégorie indique que, à l’échelle globale, l’espèce reste relativement répandue et que sa population ne décline pas assez rapidement pour justifier un statut de menace. Cela ne signifie pas une absence totale de pressions, ni une situation uniforme sur toute l’aire.

  • Chasse pour la fourrure : dans les années 1970 et 1980, l’espèce a fait l’objet d’un commerce international massif de peaux, avec des centaines de milliers d’individus prélevés, avant l’encadrement par la CITES.
  • Perte et fragmentation de l’habitat : conversion des milieux naturels en terres agricoles et pastorales.
  • Mortalité routière : collisions fréquentes le long des axes traversant son aire.
  • Conflits en zone rurale : persécution liée à la prédation occasionnelle de volaille.
  • Hybridation locale : des cas d’hybridation avec le chat des pampas (Leopardus colocola) ou avec le chat domestique ont été signalés dans certaines zones.

Les situations locales peuvent donc contraster nettement avec le statut global favorable.

Ne pas confondre

  • Ocelot (Leopardus pardalis) : nettement plus grand (8 à 15 kg), avec des taches allongées organisées en rosettes ouvertes et en lignes, alors que le chat de Geoffroy porte de petites taches rondes et pleines.
  • Chat des pampas (Leopardus colocola) : de taille voisine mais au pelage souvent plus uniforme ou à motifs plus diffus et rayés, avec des marques moins nettes et régulières que les taches ponctuelles du chat de Geoffroy.
  • Oncille ou chat-tigre (Leopardus tigrinus et espèces proches) : plus petit et plus gracile, à taches formant des ocelles bordées de sombre, et à répartition plus septentrionale et forestière.

Un félin marqué par le commerce de la fourrure

Le chat de Geoffroy est l’un des petits félins ayant le plus souffert du commerce de peaux au XXᵉ siècle. À la suite de l’effondrement des prélèvements de grands félins, le marché s’est reporté sur les petites espèces tachetées, et les statistiques d’exportation ont porté sur des centaines de milliers de peaux avant l’entrée en vigueur des protections de la CITES. Cet épisode illustre comment une espèce peut être fortement exploitée sans disparaître, tout en subissant des reculs régionaux durables.

Questions fréquentes

Le chat de Geoffroy est-il dangereux pour l'homme ?
Non. C'est un petit félin d'environ 2 à 5 kg qui évite le contact humain et fuit à l'approche. Il ne représente aucune menace pour les personnes. Il peut occasionnellement s'attaquer à de la volaille en zone rurale.
Où vit le chat de Geoffroy ?
Il est endémique du sud de l'Amérique du Sud. On le trouve en Argentine, au Chili, en Bolivie, au Paraguay, en Uruguay et dans l'extrême sud du Brésil, principalement dans les milieux ouverts et arbustifs, du Chaco jusqu'à la Patagonie.
Comment le distinguer d'un ocelot ?
L'ocelot (Leopardus pardalis) est nettement plus grand (8 à 15 kg) et porte des taches allongées formant des rosettes et des lignes. Le chat de Geoffroy est petit et couvert de petites taches noires arrondies et pleines, sans motif en rosette.
Le chat de Geoffroy est-il menacé ?
Il est classé en Préoccupation mineure par l'UICN, car il reste relativement répandu. Toutefois, il a été fortement chassé pour sa fourrure dans les années 1970-1980 et subit localement la perte d'habitat et les collisions routières.

Sources

  1. Leopardus geoffroyi, The IUCN Red List of Threatened SpeciesUICNconsulté le 22 juillet 2026
  2. Geoffroy's cat, Species accountIUCN/SSC Cat Specialist Groupconsulté le 22 juillet 2026
  3. Mammal Species of the WorldSmithsonian / Bucknell Universityconsulté le 22 juillet 2026
  4. Handbook of the Mammals of the World, Vol. 1 CarnivoresLynx Edicionsconsulté le 22 juillet 2026