Aller au contenu
AtlasMammifères

Mammifères · Herbivores

Hippopotame

Hippopotamus amphibius

Hippopotame adulte à demi immergé dans une rivière, corps massif gris-brun, tête large et naseaux affleurant la surface.

L’hippopotame (Hippopotamus amphibius) est un grand artiodactyle semi-aquatique d’Afrique subsaharienne, seul représentant vivant de son genre. Son trait le plus distinctif tient à son mode de vie amphibie : il passe la journée immergé dans l’eau ou vautré sur les berges, et ne s’alimente qu’à la faveur de la nuit, à terre. Son corps en tonneau, ses pattes courtes et sa tête volumineuse dont les yeux, oreilles et naseaux sont alignés sur le dessus lui permettent de respirer, voir et entendre tout en gardant le reste du corps sous la surface.

Malgré une allure de gros porc ou d’apparence proche des suidés, l’hippopotame n’appartient pas à ce groupe. Les données morphologiques et moléculaires le rattachent aux cétancodontes : ses plus proches parents vivants sont les cétacés, baleines et dauphins. Le nom « hippopotame », du grec signifiant « cheval du fleuve », n’a par ailleurs aucun fondement dans une parenté avec les équidés.

Morphologie

L’hippopotame a un corps massif, cylindrique, soutenu par des membres courts et robustes terminés par quatre doigts. La peau, presque dépourvue de poils, est épaisse et de couleur gris-brun à violacé, plus rosée sur le ventre et autour des yeux et des oreilles. Elle sécrète un liquide rougeâtre, parfois appelé « sueur de sang », qui protège des ultraviolets et possède des propriétés antimicrobiennes ; ce n’est ni du sang ni de la sueur au sens strict.

La longueur du corps atteint couramment 2,9 à plus de 5 mètres selon la mesure, pour une hauteur au garrot d’environ 1,5 mètre. Le poids se situe le plus souvent entre 1 300 et 3 200 kg, les mâles étant nettement plus lourds que les femelles. Le dimorphisme sexuel est marqué par la taille et par le développement des canines inférieures, qui peuvent dépasser 40 cm et croissent en permanence. La gueule s’ouvre à près de 150 degrés, exposant des incisives et des canines utilisées surtout lors des combats.

Répartition et habitat

L’hippopotame occupe l’Afrique subsaharienne, du Sénégal et de la Gambie à l’ouest jusqu’à l’Éthiopie à l’est, et vers le sud jusqu’en Afrique du Sud. Son aire, autrefois plus continue, est aujourd’hui morcelée par la disparition des populations dans plusieurs régions. Plusieurs sous-espèces ont été décrites d’après des différences géographiques et morphologiques, mais leur validité fait l’objet de discussions.

L’espèce dépend de plans d’eau permanents et suffisamment profonds pour s’y immerger le jour : fleuves à cours lent, lacs, mares, bras morts et marécages. À proximité, elle a besoin de prairies et de savanes riveraines pour se nourrir la nuit. Elle fréquente surtout les basses et moyennes altitudes, mais peut être présente sur les hauts plateaux d’Afrique de l’Est là où subsistent des points d’eau adaptés.

Milieu de vie typique de l'espèce Hippopotamus amphibius
Méandre de rivière est-africaine à l'aube, eau lente bordée de roseaux et de prairie riveraine, milieu typique de l'hippopotame.

Comportement et régime alimentaire

L’hippopotame est essentiellement nocturne pour son alimentation. Le jour, il reste dans l’eau ou sur les berges, en groupes appelés parfois « écoles » pouvant compter de quelques individus à plus d’une centaine. La nuit, il quitte l’eau et emprunte des sentiers marqués pour rejoindre les zones de broutage, parcourant plusieurs kilomètres. Il se nourrit surtout d’herbes courtes qu’il arrache avec ses lèvres larges et dures, ingérant plusieurs dizaines de kilos de végétation par nuit. Son régime est presque exclusivement composé de graminées ; la consommation de matière animale ou de charogne, occasionnellement observée, reste marginale et anormale.

La structure sociale repose sur des groupes dominés par un mâle territorial qui défend un tronçon de rive ou de plan d’eau. Les femelles et leurs jeunes forment le cœur des rassemblements, tandis que les mâles subordonnés sont tolérés tant qu’ils ne cherchent pas à se reproduire. Les affrontements entre mâles, gueule ouverte et canines exposées, peuvent être violents. Les vocalisations, dont des grognements puissants émis à la surface, portent loin.

Reproduction

La reproduction peut avoir lieu toute l’année, avec des pics souvent liés à la saison sèche selon les régions. L’accouplement se déroule dans l’eau. La gestation dure environ 240 jours, soit près de huit mois, une durée courte pour un animal de cette masse. La femelle met bas un seul petit, à terre ou dans l’eau peu profonde, pesant en général plusieurs dizaines de kilos à la naissance. Le jeune peut téter sous l’eau et reste dépendant de sa mère pendant environ un an, l’allaitement se prolongeant plusieurs mois. La maturité sexuelle est atteinte vers l’âge de cinq à sept ans. La longévité est de l’ordre de quarante à cinquante ans, les valeurs les plus élevées étant surtout documentées en captivité.

Statut de conservation

L’hippopotame est classé Vulnérable (VU) sur la Liste rouge de l’UICN, catégorie qui indique un risque élevé d’extinction à l’état sauvage si les pressions actuelles se maintiennent. Le statut global masque des situations contrastées : certaines populations d’Afrique de l’Est et australe restent nombreuses et localement abondantes, tandis que d’autres, notamment en Afrique de l’Ouest et centrale, sont fragmentées et en déclin.

  • Chasse pour la viande, source de protéines dans certaines régions.
  • Prélèvement des canines en ivoire, qui a augmenté avec les restrictions sur l’ivoire d’éléphant.
  • Perte et dégradation des habitats humides, drainage et aménagement des berges.
  • Réduction et assèchement des points d’eau, aggravés par les sécheresses.
  • Conflits avec les activités humaines, l’hippopotame endommageant les cultures et étant abattu en représailles.

Ne pas confondre

L’hippopotame nain (Choeropsis liberiensis) est la confusion la plus fréquente : il est bien plus petit, d’environ 250 à 300 kg, avec une tête proportionnellement réduite, une silhouette plus arrondie et un mode de vie plus terrestre et forestier, limité à l’Afrique de l’Ouest.

Le phacochère (Phacochoerus africanus) et d’autres suidés sont parfois évoqués à cause d’une silhouette trapue et d’une gueule pourvue de défenses, mais ils sont bien plus légers, couverts de soies et non liés à l’eau ; leurs défenses sont recourbées vers le haut, contrairement aux canines droites de l’hippopotame.

Le rhinocéros (Diceros bicornis et espèces voisines) peut être confondu de loin par sa masse grise, mais il porte une ou deux cornes sur le museau et n’a pas le mode de vie amphibie ni la tête aux yeux et naseaux surélevés de l’hippopotame.

Une parenté avec les cétacés

L’une des données les plus établies concernant l’hippopotame est sa position phylogénétique. Les analyses moléculaires et l’étude de fossiles indiquent que les Hippopotamidae partagent un ancêtre commun avec les cétacés, formant le clade des cétancodontes au sein des artiodactyles. Cette parenté, longtemps insoupçonnée du fait des apparences, est aujourd’hui largement admise et fait de la baleine un cousin plus proche de l’hippopotame que ne l’est le porc.

Questions fréquentes

L'hippopotame est-il dangereux pour l'homme ?
Oui. L'hippopotame est réputé être l'un des grands mammifères africains les plus dangereux pour l'homme. Territorial dans l'eau et capable de charges rapides à terre, il attaque les embarcations et les personnes qui s'approchent trop près, notamment entre un individu et le point d'eau. Sa mâchoire et ses canines infligent des blessures graves.
Que mange l'hippopotame ?
Il est herbivore et se nourrit surtout d'herbes courtes qu'il broute la nuit sur les berges et les prairies, parcourant plusieurs kilomètres depuis son point d'eau. Il consomme généralement plusieurs dizaines de kilos de végétation par nuit. Il ne s'alimente que peu ou pas dans l'eau elle-même.
Où vit l'hippopotame ?
Il occupe les fleuves, lacs et zones humides d'Afrique subsaharienne, du Sénégal à l'Éthiopie et jusqu'en Afrique du Sud. Il a besoin d'eau permanente assez profonde pour s'immerger le jour et de prairies proches pour brouter la nuit. Ses populations sont aujourd'hui morcelées.
Comment distinguer l'hippopotame de l'hippopotame nain ?
L'hippopotame nain (Choeropsis liberiensis) est bien plus petit, avec un corps d'environ 250 à 300 kg contre plus d'une tonne, une tête proportionnellement plus petite et une vie plus terrestre et forestière en Afrique de l'Ouest. L'hippopotame commun est massif, grégaire et fortement lié aux grands plans d'eau.
L'hippopotame est-il menacé ?
Il est classé Vulnérable sur la Liste rouge de l'UICN. Les principales menaces sont la chasse pour la viande et l'ivoire des canines, ainsi que la perte d'habitat et la réduction des points d'eau. Certaines populations restent abondantes localement tandis que d'autres déclinent nettement.

Sources

  1. Hippopotamus amphibius, IUCN Red List of Threatened SpeciesUICNconsulté le 22 juillet 2026
  2. Hippopotamus amphibius, Animal Diversity WebUniversity of Michigan Museum of Zoologyconsulté le 22 juillet 2026
  3. Fiche Hippopotamus amphibiusCITESconsulté le 22 juillet 2026